Situé dans le sud des Hauts de Seine, Malakoff est accessible par la ligne 13 du métro. Aujourd'hui, Malakoff jouit d'une scène nationale, le Théâtre 71, d'un cinéma d'art et essai, le cinéma Marcel Pagnol, d'un marché ouvert trois jours par semaine…
MALAKOFF DE SA CRÉATION À NOS JOURS
ORIGINES DU NOM DE MALAKOFF
Malakoff fait référence à une enseigne de cabaret, « À la tour de Malakoff » créée en 1855, pendant la guerre de Crimée.
Le nom de Malakoff provient du nom d'une tour défensive près de Sébastopol. La prise de cette tour contre les Russes par les troupes françaises commandées par le général Mac Mahon a permis la prise de la ville de Sébastopol pendant la guerre de Crimée en 1855.
L'exploit fut célébré dans toute l'Europe et en France. Alexandre Chauvelot reconstitua la tour au sud de Paris dans un parc à thème sur la guerre de Crimée.
C'est en 1868 qu'est apparu le nom de la commune de Malakoff. Un décret signé le 8 novembre 1883 par le président de la République Jules Grévy officialise la séparation d’avec Vanves.
En 1870, en pleine guerre franco-prussienne, la tour de Malakoff édifiée par Chauvelot est démolie, du fait de son usage comme point de mire par les canonniers ennemis aux portes de Paris.
ORIGINES DE MALAKOFF
La commune de Malakoff est l'une des plus jeunes du département. Son territoire, longtemps champêtre et forestier, n'abrite que peu de maisons jusqu'à la fin du XVIII siècle. Ne s'y trouvent que des chemins transversaux et quelques remises à gibier. Ce territoire peu peuplé dépend de la paroisse de Vanves, sous le nom de Petit-Vanves.
Au début du xxème siècle, sur les lieux où s'est ensuite développée Malakoff, les carrières ont fourni des pierres en abondance pour la croissance de Paris.
En 1845 naît une agglomération au nord, sous l'impulsion d'Alexandre Chauvelot, ancien rôtisseur fortuné qui se lance dans des opérations immobilières. Des terrains en friche sont alors vendus, par lots, à des ouvriers et employés qui y construisent des maisons. La zone urbaine, achevée vers 1850 est constituée de petites maisons individuelles, est baptisée la Nouvelle-Californie. Fleuron du parc d'attraction créé au lotissement de la Nouvelle-Californie, la reconstitution en plâtras de la tour Malakoff donne, en 1883, son nom à la nouvelle commune issue d’une séparation d’avec la commune de Vanves. La ligne de chemin de fer reliant Paris à Versailles, dont la gare de Vanves-Malakoffest inaugurée la même année, matérialise cette séparation.
MALAKOFF DE 1920 A AUJOURD’HUI
À partir de 1920, les rues de Malakoff sont pavées, équipées de l'éclairage public et des égouts. Des logements sociaux, des écoles, des crèches et une poste sont construits à partir de 1930, sous l'impulsion de la municipalité à majorité communiste dirigée par Léon Piginnier.
Le 14 avril 1931 a lieu la première transmission française de télévision par René Barthélemy. Présentée devant 800 invités par Suzanne Bridoux et avec une image de trente lignes (court-métrage et prises de vues en direct), elle est établie entre le laboratoire de la Compagnie des compteurs de Montrouge et l'École supérieure d'électricité de Malakoff située à 2 kilomètres. C'est la première transmission par émetteur de télévision, d’autres ayant été réalisées précédemment mais par fil.
Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, l'urbanisation se poursuit jusqu'à la limite de Clamart, avec la construction de lotissements et d'immeubles collectifs, mais aussi d'usines. Une nouvelle voie de chemin de fer (actuelles voies de TGV et de métro) est construite en viaduc, coupant la ville en son milieu. Après-guerre, l'urbanisation reprend à un rythme soutenu : jusqu'aux années 1970, de grands ensembles sont édifiés sur d'anciens terrains maraîchers et la ville se dote d'équipements (stades, écoles, crèches, etc.). En 1971 est inauguré le Théâtre 71, dont le nom rend hommage à la Commune de Paris dont c'est alors le centenaire, et en 1972 le stade nautique intercommunal Châtillon-Malakoff l'est à son tour.
Dans les années 1980, l'activité industrielle basée à Malakoff et aux alentours décline, tandis que se développent le secteur tertiaire et les bâtiments de bureaux. Le site Thomson-CSF de Malakoff et de Montrouge ferme en 1993.
Aujourd'hui, Malakoff se caractérise par la présence d'une trame urbaine mixte (pavillonnaire/collectif) et l'implantation du fort de Vanves.
MALAKOFF ET LE MONDE DE L’ENTREPRISE
Clacquessin, l’apéritif à la mode pendant les années folles, sera produit à Malakoff jusqu’en 1995, date à laquelle les locaux seront transformés en espace évènementiel.
En 1975, la direction générale de l'INSEE quitte ses bureaux du quai Branly pour s'installer dans une nouvelle tour, construite avenue Pierre-Larousse à Malakoff en bordure du périphérique.En 1992, un second immeuble est investi, 15 boulevard Gabriel-Péri. En 2016, le ministère des Finances a annoncé le déménagement de l'INSEE avenue Verdierà Montrouge.
Depuis la fin des années 1990, les sièges de France Ô et de l'Outre-Mer première se trouvent à Malakoff.
En 2007, les anciennes usines de la société Au planteur de Caïffa, un temps occupées par France-Télécom, ont été détruites pour laisser place à un immeuble abritant le siège administratif du groupe Humanis.
Le groupe Hachette Livre, installé à Vanves, a déplacé une partie de ses effectifs à Malakoff, dans un immeuble construit en 2010 rue Paul-Bert.
Le groupe Profession Santé, éditeur du Quotidien du médecin, du Généraliste, de Décision Santé, de Visite actuelle et du Quotidien du pharmacien, a en 2012 investi les anciens locaux du groupe AG2R, rue Augustine-Variot.
En 2013, la fonderie d'art Susse déménage ses ateliers rue Perrot.
En 2015, la chaîne KTO quitte Issy-les-Moulineaux pour s'installer dans les locaux qu'elle a acquis à Malakoff.
Le siège du groupe Edenred a aussi ses locaux à Malakoff, boulevard Gabriel-Péri.
En 2024, le promoteur Marignan s’installe avenue Brossolette.
En 2025 le groupe Bayard s'installe rue Gabriel Péri à la place des anciens locaux de l'INSEE.
LA CULTURE ET MALAKOFF
Le cinéma Marcel-Pagnol(ouverture en 1992) : 20 ans après leur fermeture, la ville rachète et rénove les locaux du Celtic. Le nouveau cinéma, doté de 153 places, est baptisé Marcel-Pagnol, rendant ainsi hommage à l'écrivain et réalisateur marseillais, ainsi qu'à sa femme Jacqueline Bouvier, dont la vocation d'actrice serait née au cinéma Le Bijou de Malakoff qu'elle a beaucoup fréquenté enfant. Le cinéma quitte la rue Pierre-Larousse pour s'installer, en 2007, dans de nouveaux locaux, plus confortables, construits à l’angle des rues Béranger et Augustine-Variot.
Le Théâtre 71,Inauguré en 1971 par Jacques Duclos, est baptisé « 71 » en hommage à la Commune de Paris qui fête son centenaire. Il est alors dirigé alors par Guy Kayat, metteur en scène et fondateur d'une compagnie de théâtre. Depuis 1965, Guy Kayat dispense des cours d'art dramatique aux jeunes de la ville, puis il dirige un festival annuel à dominante théâtrale, « le Mai culturel de Malakoff » à partir de 1968. Ses créations sont jouées dans divers lieux de la ville (théâtre de verdure, stade Cerdan, usine désaffectée, marché), mais la ville manque d'une véritable salle de spectacles. Ainsi, lors du réaménagement de la place du 11-Novembre, la ville fait construire un théâtre doté de 516 places. D'abord centre d'animation culturel, puis centre d'action culturelle, il obtient en 1991, lors de sa rénovation complète, le label « scène nationale ». En 1983, au décès de Guy Kayat, Pierre Ascaride en devient le directeur. Il cède la place à Pierre-François Roussillon en 2011. En 2009, le théâtre se dote d'une salle de répétition, la Fabrique des arts. Le Théâtre 71 accueille chaque année une partie des spectacles du festival MAR.T.O, un festival de marionnettes et objets.
Sous-dimensionné, il devrait être reconstruit à partir de 2023 par l'établissement public territorial Vallée Sud Grand Parisdont dépend l'établissement.
La Maison des Arts, alors désignée sous le nom de « remise de l’Orme », remonte au XVIII siècle. Située au hameau du Petit-Vanves, dans la plaine de Montrouge, elle fait alors partie des chasses royales. Louis XV vient y chasser en compagnie du duc de La Vallière, propriétaire du château de Montrouge. A partir de 1825, la propriété change plusieurs fois de main. Sur la parcelle, qui s'agrandit à mesure des transactions, sont édifiés plusieurs bâtiments. En 1849, un certificat atteste qu'a été construit « en 1845 [...] un bâtiment à 2 égouts couverts en toiture placé entre cour et jardin de la contenance de 16 mètres de longueur sur 9 mètres, 20 mètres de largeur et 7 mètres de hauteur jusqu’à l’entablement. Cette construction sert au rez-de-chaussée de magasin et orangerie et au premier étage de logement et salle de billard ». Les Monuments historiques datent la bâtisse du 1er quart du XIXe siècle. Elle pourrait avoir été construite d’après les travaux de l'architecte Jean-Nicolas-Louis Durand, qui publia une grammaire formelle d'édifices remarquables.
En 1877, la propriété est vendue à la Compagnie des tramways TPDS, qui en fait un dépôt pour la zone Sud. Mais en 1913 l'aménagement de nouvelles rues rend inutilisable la parcelle sur laquelle se trouve la maison. Le département de la Seine l'acquiert en 1920 afin d'en faire un bâtiment administratif. Il a désormais pour adresse le 98, avenue Pierre-Brossolette. Peu à peu, le terrain attenant est morcelé, vendu ou utilisé pour l'élargissement de la nationale 306.
Dans les années 1960, le ministre de la Culture André Malraux remarque cette maison devant laquelle il s’arrête par hasard, tandis qu’il se rend chez l'écrivaine Louise de Vilmorin, dans la vallée de Chevreuse. A la demande de Malraux, des recherches sont faites sur la bâtisse et le 28 octobre 1980, les façades et la toiture sont inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.
En 1992, le conseil municipal de la ville de Malakoff décide d’acquérir la bâtisse néoclassique, alors propriété du département des Hauts-de-Seine. En 1997, la Maison des arts, lieu d'exposition, ouvre ses portes.
PERSONNALITES LIEES A MALAKOFF